Chronique Canal M – Saison 2012-2013
* Les chroniques pour le Canal M seront désormais diffusées les lundis, à 12h02.
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Et si on revoyait nos priorités ?
Dans La Presse du samedi 8 septembre, on pouvait lire, dans le cahier « Enjeux », quelques articles sur la violence extrême en Amérique Centrale. On y apprenait, entre autres, que si à Montréal, en 2011, 35 personnes ont perdu la vie des suites d’un homicide, on en comptait 7 104 au Honduras. C’est un meurtre toutes les 76 minutes. Sans pause.
Des gens comme vous et moi y meurent chaque jour pour des riens. La pauvreté extrême, les gangs de rues ultraviolentes, la fragilité des institutions, les redoutables cartels de drogues du Mexique qui ont migré vers l’Amérique Centrale et de profondes crises politiques ont transformé l’autrefois paisible et calme continent en morgue.
En lisant les quatre pages les plus tristes et bouleversantes que j’ai lu depuis longtemps, je me suis questionnée sur beaucoup de choses : la répartition des richesses, la corruption, le crime organisé, l’égalité des chances… La fille candide et optimiste devant l’éternelle qui m’habite a eu l’impression de se faire donner un coup de 2X4 dans le front sans s’en attendre… Moi qui vois toujours le monde du côté le plus beau (ou, du moins, qui essaie la majorité du temps), je me rendais compte que le « côté sombre de la force » était plus répandu que je ne le croyais.
Puis, je me suis demandé ce qu’on pouvait faire, ce qui pouvait être changé en fait. Je suis tombée dans l’utopie, bien entendu; chassez le naturel et vous savez ce qu’il fait ! Il me semble, par contre, qu’il y a des priorités qu’on oublie, quand on vit dans un pays où on retrouve de l’eau potable dans sa cuvette de toilette.
Je ne sais pas pour vous, mais il me semble qu’on pourrait revoir nos priorités, collectivement. Qu’avant de penser à comment on pourrait exploiter tel ou tel territoire, à créer de nouvelles frontières, à inventer une nouvelle bombe, il serait peut-être préférable que tout le monde puisse vivre en sécurité, avec un toit, de l’eau, de la nourriture, mettons. Et si on pousse un petit peu plus loin, juste un tout petit peu, on pourrait aussi vouloir que tous aient accès à un médecin et puissent fréquenter l’école. Il me semble que, si ça, juste ça, c’était disponible pour tous, là, après, on pourrait parler d’autre chose.
7 104 personnes sont mortes l’an dernier parce qu’elles sont nées dans le mauvais pays. C’est la seule raison. Si ces 7 104 personnes étaient nées sur l’île de Montréal, 7 069 seraient encore en vie…
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VERSION AUDIO (débutant à 7 min)
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