26th Sep2011

La fois où… j’ai couru.

by Nancy

Le dimanche 25 septembre, c’était le Marathon Oasis de Montréal. Le dimanche 25 septembre, j’ai compris que j’étais capable.

En novembre dernier, je me suis inscrite au demi-marathon. Je peux l’avouer maintenant, c’était beaucoup un coup de tête en réaction à ma rupture. C’était aussi pour me mettre au défi, pour me concentrer sur autre chose, pour avoir mal dans les jambes au lieu d’ailleurs.

Alors j’ai couru. Et je me suis blessée. Honnêtement, ma blessure au genou m’a rassurée: j’avais une excuse pour ne pas enfiler 21.1  kilomètres de course avec 24 000 autres personnes. C’était parfait. Puis, j’ai réfléchi à toutes les choses que je n’ai pas faites parce que j’avais l’excuse parfaite pour ne pas le faire…

Mon roman n’est pas terminé. Je n’ai pas vu Barcelone. Je n’ai pas de REER. Je n’envoie pas mes nouvelles aux revues littéraires. Je n’ai pas fait de triathlon. And so on…

Quand j’étais en 5e secondaire, mon enseignant en éducation physique m’avait dit de lâcher le sport, que ce n’était pas pour moi. Je pense que je suis devenue enseignante en éducation physique un peu en réaction à ce commentaire. Et je pense que ce commentaire s’était tracé un chemin bien bien creux dans mon crâne parce qu’à chaque fois que j’ai un défi à relever, j’ai sa voix qui me revient dans les oreilles…

C’est ce qui arrive avec les bad reviews. Elles rentrent au poste. Quand on l’entend, on ne se questionne pas, on la laisse entrer, on lui sert presque un thé avec des biscuits.

Tu ne perceras pas en écriture, c’est ben’trop rough pour toi.

Tu ne feras jamais de triathlon, t’es faite fiffe.

Tu ne peux pas conduire une auto manuelle, t’es trop dans la lune.

Tu ne peux pas clairer ta dette, t’es trop mauvaise avec l’argent.

Tu ne finiras pas ton roman.

Et pour chaque commentaire négatif reçu, j’ai toujours l’excuse parfaite pour le valider. Je nage dans les excuses. Je les collectionne. Je les entretiens même, je pense.

J’ai décidé de mettre fin au cycle de la fuite parfaite. De prendre mon malaise patellaire par les couilles et de m’inscrire au 10km.

Samedi, j’ai été d’une humeur exécrable. Je me suis répétée toute la journée que je n’allais pas y arriver, que c’était trop, que je n’avais jamais couru ça, moi, 10 km sans arrêter et que j’allais avoir l’air complètement folle entourée de 7000 personnes motivées. J’avais l’air turbobête. J’étais impatiente.  Et surtout, je n’avais pas confiance.

Dimanche, j’ai couru 10 km. À partir du 3e km, c’était une victoire à chaque mètre parcouru. Un mètre de plus sans arrêter. Parce que quand je m’entraîne seule, après 15-20 min, je prends une pause parce que mon genou tire un peu, parce que j’ai soif, parce que mon lacet est mal attaché, parce que je veux changer de toune, parce que tsé, j’suis pas capable de courir 10 km.

Je suis capable de courir 10 km. J’ai couru 10 km. En 1h05 et des poussières.

En entrant au Parc Maisonneuve, j’avais des frissons, la boule dans la gorge, la chair de poule. J’ai sprinté jusqu’au fil d’arrivée. Pas que j’avais un temps à faire ou à battre, juste parce que c’était beaucoup d’émotions, parce que je n’en revenais pas, que j’avais réussi, que j’y étais, que ça se pouvait et qu’il fallait que je le crois. Parce que les excuses n’avaient pas eu raison, cette fois.

J’ai terminé ma course en me disant que j’étais capable de faire le demi-marathon l’an prochain, que j’allais finir mon roman, terminer ma nouvelle pour le concours littéraire, me trouver les contrats de pige parfaits et la tâche d’enseignement qui me permettrait de combiner toutes mes passions. J’ai marché les 5 km qui séparaient le parc de ma maison, sans avoir mal aux genoux, en encourageant les demis et marathoniens qui suaient leurs vies sur Rachel. J’ai été émue de crier “Let’s go Ge” à ma belle amie Geneviève. Je suis entrée chez moi la tête haute, la médaille au coup et la confiance dans le tapis.

Je recevrai encore des commentaires négatifs. Mais ils ne seront plus les soldats de ma peur de foncer. Ils seront les moteurs de ma réussite.

Dans vos dent, m’sieur l’ex prof d’éduc. En passant, je conduis “manuelle”. Et très bien, en plus.

 

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Source image: http://www.yedmonton.ca/teen/images/running_400.jpg

 

12th Sep2011

La fois où… j’ai participé à “Tout sur moi”

by Nancy

La Zone d’écriture de Radio-Canada lançait un concours il y a deux semaines. Les participants devaient écrire une quatrième de couverture autobiographique en 50 mots maximum. J’ai participé. La voici.

Absence de Fée Marraine

Née sous une bonne étoile ayant été shiftée par un coup de vent, Nancy B.-Pilon se retrouve rapidement sous l’emprise du Karmarde, une force distribuant des nids de poule. C’est armée d’un casque et de shin-pad au cayenne qu’elle nous livre un témoignage sur son combat quotidien contre la poisse.

 

Je tiens à souligner le talent de mon amie Geneviève Allard qui, avec ses genoux, a fait le “Choix du jour” du 9 septembre dernier.