06th Jan2012

Les freins

by Nancy


 

C’est l’été. En fait, la chaussée est aussi belle qu’en été, mais ça peut être l’automne ou le printemps ou même l’hiver quand il ne fait pas trop froid et qu’il n’y a pas trop de glace. Il fait soleil et le ciel est de la bonne couleur. La musique fait frissonner la carrosserie de la bagnole; le bonheur est dans la place. Puis, on jette un oeil à l’indicateur de vitesse pour réaliser qu’on roule way over la limite permise. On a un petit gligli dans le ventre, le gligli qui retenti quand le système d’alarme interne demande de calmer ses nerfs. On relève le pied de sur l’accélérateur, on retrouve une vitesse de croisière plus normale. Jusqu’au prochain moment d’évasion.

Quand on rencontre quelqu’un et que les atomes font de leurs mieux pour se crochir mutuellement, on vit un peu le même scénario. Ça va bien, on s’emballe, puis on réalise qu’on s’emballe. Le p’tit gigli. On se calme un peu, se dit de rester zen, de ne pas partir en peur et on ralenti. Jusqu’au prochain moment d’évasion.

Alterner entre l’accélérateur et la pédale de frein. Ou se faire des crampes dans le mollet.

Quand on est rendu à vouloir mettre le pied sur l’accélérateur, c’est que déjà, il y a un bon nombre d’obstacles de franchis. Le candidat a passé à l’inspection préliminaire et ne semble pas avoir de squelettes dans son placard ou tout autre problème d’hygiène. Il a fait la démonstration qu’il connaît les règles du jeu et pose ses pions stratégiquement de manière à garder la colonne des plus bien en chair. Aussi, à la fin d’un baiser, le candidat ne laisse pas plus de fluides sur le visage de sa prétendante que dans le Lac Memphrémagog. Bien sûr, selon les candidats, certaines autres épreuves pourraient être imposées; les études de cas sont écartées ici.

Après l’inspection préliminaire, vient la ronde du piétinage, du “j’y vais ou je n’y vais pas”, du “qu’est-ce qu’il va penser si” et de toute ces autres choses épuisantes. Il texte en premier le matin. 1 point. Il envoie des becs alors qu’il se couche. 1 autre point. Il ne s’est pas mis à courir à la première occasion, ni à la deuxième, ni même à la sixième. Bref, le candidat cumule les points pendant que l’autre parti s’épuise en insécurités ridicules.

Quand vient le temps d’avoir envie de mettre le pied sur l’accélérateur ou, pire, que le pied se met lui-même sur l’accélérateur sans qu’on s’en rende compte, les choses se gâtent. Les accidents sont plus probables et donc, les risques de blessures. En même temps, en gardant perpétuellement le pied sur le frein, on ne va pas bien loin. Et on s’expose à se faire rentrer dedans.

Les freins, l’accélérateur, le cruise control ? Et si on optait pour une combinaison des trois ? N’est-ce pas ça un peu, aussi, la vie ?

 

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31st Dec2011

2012: mes 30 ans et la fin du monde.

by Nancy

 

Le 21 décembre prochain, nous allons tous mourir selon les Mayas ou selon ceux qui préfèrent penser que les Mayas ont prédit la fin du monde plutôt que d’adhérer à ma théorie du gars qui en avait juste marre de le faire, le calendrier. Donc, il nous resterait un peu moins d’une année à vivre; une sentence de mort pré-maturée étendue à l’ensemble de l’humanité.

On a tous déjà joué au jeu du “tu ferais quoi s’il te restait une année à vivre”. Mais là, c’est peut-être vrai. Il y a des chances que les semaines à venir soient les dernières, qu’on arrive au bout. Certains feront le tour du monde, mangeront jusqu’à exploser, écouteront tous les films de Hugh Grant… À chacun sa manière de vivre sa fin du monde.

Le facteur certitude n’étant pas dans le tapis, je vais éviter de dilapider mes économies, au cas où. Par contre, puisque je vais peut-être être morte dans un an, ça vaudrait la peine que je me tape une année record pour mes 30 ans. Une année forte en émotions et belle en projets. Une année qui me fera rire et pleurer mais que je vivrai pour vrai. Le tour du monde, je le ferai en 2013, quand je serai surexcité d’être encore en vie et que j’aurai une épiphanie qui me fera croire que l’univers m’a donné une deuxième chance. Pareil pour les films de Hugh Grant.

Avant de mourir, je voudrais regoûter à l’amour qui sent l’hiver sur les joues et qui chatouillent les plis poplités. L’amour qui fait boum. L’amour qui fait que le temps passe trop ou pas assez vite. L’amour qui transforme une tranche de pain doré en caresse. L’amour qui danse dans le salon, pieds nus, sans raison. L’amour qui se blotti. L’amour qui fait que les yeux voient différemment. L’amour qui goûte l’amour, qui sent l’amour, qui touche l’amour. Si j’suis condamnée à mourir, j’aimerais partir en chuchotant des mots plein de coeurs.

Avant de mourir, je voudrais que mes mots se retrouvent imprimés sur du papier, reliés dans une couverture et bien placés sur des tablettes. J’aimerais que mes mots, comme des flocons de neige, se posent sur les gens. J’aimerais que plein plein plein de mes mots terminent d’écrire cette histoire et que ce soit assez un peu l’fun à lire pour qu’ils disparaissent de chez les libraires. Si j’suis condamnée à mourir, j’aimerais partir avec pas tous mes mots.

Avant de mourir, j’aimerais courir beaucoup et longtemps. J’aimerais faire avaler de l’asphalte, de la garnotte, de la gadoue et de la pluie à mes semelles de souliers de course. J’aimerais sentir que je me dépasse, que je me pousse. J’aimerais avoir mal aux cuisses, respirer régulièrement, avoir chaud. Les 10km faits l’été dernier me prépareront au demi-marathon pré-fin du monde. Si je suis condamnée à mourir, j’aimerais le faire après avoir couru 21,1km.

En 2012, je veux aimer, écrire et courir. Facile de même. Parce que pour le reste, la santé, le bonheur, la famille et les amis, je suis déjà plus que comblée.

Bonne année !

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06th Oct2011

C’est pas parce que

by Nancy

 

C’est pas parce que je ne saute pas que je ne sais pas comment faire. C’est pas parce que je ne souris pas que j’ai envie de pleurer. C’est pas parce que je préfère la crème glacée au chocolat que je n’aime pas celle aux fraise. C’est pas parce que je ne te regarde pas que je ne te trouves pas beau. C’est juste que tes yeux sont trop petits et que j’arrive pas à voir dedans.

 


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24th Aug2011

Canal M

by Nancy

Le Canal M, anciennement La Magnétothèque, est une radio différente. Disponible sur le câble (voir la liste des postes plus bas) et en direct sur le web, Canal M se donne pour mission de parler à TOUT le monde, de soulever les réalités de chacun. Une radio inclusive. J’ai eu la chance d’y être interviewée mardi le 22 août, pour parler brièvement de mon expérience auprès des Inuit. Voici l’entrevue.

http://www.lamagnetotheque.qc.ca/radio/files/2011/08/20110823ARNancyBPilon27m30s.mp3

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17th Aug2011

Habiter ses testicules

by Nancy

Qu’on se le tienne pour dit : un mollusque, c’est répugnant. Ça ne stimule pas les phéromones, c’est l’antipode de la séduction.  Un gars pas de colonne, c’est repoussant. On n’aime pas. Du tout.

Depuis quelques semaines, j’observe l’humain dans son ensemble. J’suis en vacances; je n’ai pas beaucoup d’autres occupations. En plus, c’est bon pour l’écriture, ça nourrit la création de personnages. Messieurs, laissez-moi vous dire que les piments d’entre vous s’organisent pour que mon stock de protagonistes masculins demeure inépuisable.

Le gars qui envoie son ami régler à sa place ses trucs avec son ex. Le gars qui ne prend pas de décision et reste dans le statu quo morose. Le gars qui cache à sa blonde qu’il se fume encore un p’tit joint de temps en temps. Le gars qui se transforme en tapis d’entrée au lieu d’assumer qu’il vient de faire une niaiserie. Le gars qui se laisse traiter en enfant par sa blonde. Le gars qui trompe sa blonde à tour de bras, qui ne lui dit pas (of course), mais qui, en plus, la demande en mariage. Le gars qui tien un journal des ses frustrations sans poser un gestes pour avancer. Le gars qui arrête de donner des nouvelles, du jour au lendemain, comme s’il avait succombé à une attaque de lynx. Le gars qui dit à une fille que de toute façon, lui, il est toujours rejeté. Tsé, des comportements de champion.

Il est vrai que certaines d’entre nous ne donnent pas leur place quand il est temps de se substituer à une carpette ou de se laisser rouler dessus par un rouleau compresseur émotif pour ne pas rejoindre le clan des célibataires. Je le sais. Je le vois aussi. Je pense qu’à un moment ou à un autre, on est tous la carpette de quelqu’un.

La question que je me pose par contre, c’est pourquoi est-ce qu’il existe autant d’hommes-guenilles dans ma génération ? Est-ce que nos mères un peu castrantes des années 1980 sont à l’origine de nos relations Mollusque-Germaine ?

Les mères des années 1980 sont fortes et fières. Elles combinaient famille, travail et maison qui sent toujours le propre. Elles se lèvent à l’heure des poules, font les lunchs pour la maisonnée, excellent dans leur boulot, re-décorent à tous les 2 ans, ramènent les troupes à l’ordre. Chez moi, on a appris à marcher droit, à être autonome et à faire son lit.

Devant des modèles aussi forts, on ne se demande pas pourquoi les filles de ma génération ont le gène de la superwoman aussi présent. On ne veut pas seulement rapporter le bacon à la maison, on veut le trancher, le faire cuire et le manger dans une jolie assiette, sans l’aide de personne. On gère. On est capable. Là où on l’échappe, c’est quand on se met à gérer son homme.

On s’entends-tu qu’il y a des dossiers plus prioritaires dans le monde que la marche à suivre pour plier des serviettes de bain ?

Et les garçons se laissent faire. Ils ont vu leur maman être le capitaine de leur navire d’enfance, ils se disent peut-être que c’est ça la vie. Une fille qui gère et un gars qui plie. Quel beau modèle d’harmonie et de partage…

On ne peut pas gérer son homme comme on s’occupe de sa carrière ou de l’aménagement du salon. On ne peut pas contrôler ses aller et venus, l’heure à laquelle il va rentrer après le hockey ou lui répondre « T’es complètement taré si tu penses que ce sofa-là va entrer dans ma maison » quand il fait part de ses préférences chez IKEA ™. On se plaint que les mecs sont des enfants et on les traite en rejetons. Chapeau, les filles.

Le fait-on parce qu’on a le besoin viscéral de contrôler toutes les sphères de sa vie ou par manque de confiance ? Si partout on se tient droite comme un chêne, on encaisse les coups et on défonce des portes, on devrait se donner le droit d’être vulnérable des fois. Et la meilleure place pour être vulnérable, c’est entouré des gens qu’on aime. De l’homme qu’on aime, c’est encore mieux. Mais se montrer sous son vrai jour, ça fait peur. Alors, on gère.

Et l’homme plie devant la femme qui fait peur tellement elle est imposante. A-t-il si peur de la gent féminine qu’il préfère changer de nationalité plutôt que de faire face à la musique ? Ça serait quoi de ce tenir debout, d’assumer, d’encaisser, de confronter ? Quel mal peut-il bien en ressortir ?

Messieurs, si ma gang a besoin de slaquer la poulie de la gestion matriarcale, la vôtre a grandement besoin de se mettre à habiter ses testicules. Levez-vous. Manez-Up. Faites le choix d’être une meilleure personne, parce qu’au fond, habiter ses testicules, c’est aussi se choisir.

 

31st May2011

Je suis une courte-pointe

by Nancy

Je suis une courte-pointe

Je garde sur mon ventre

Les carrés et les rectangles

De ta démarche, de tes épaules,

De tes joues qui piquent, des fois.

 

Je suis une courte-pointe

Cousue avec quelques cheveux

Le fil de ton jeans trop grand

Nouée aux souvenirs, aux espoirs

Aux non-dits, aux demi-mots, aux silences.

 

Je suis une courte-pointe

Piquée à l’orgueil, un peu

Trouée mais encore chaude

Qui sent les larmes, les sourires

Le petit sucre derrière ton oreille. Là.

 

Je suis une courte-pointe

Pliée dans un grand coffre

Et j’attends le printemps.

 

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26th May2011

Les paroles s’en vont, les écrits restent.

by Nancy

Ouais, ça, c’est quand personne ne vient hacker ton blog afin que celui-ci spam à tous vents. Misère.

Donc voilà, j’ai tout perdu. Parce que non, je n’ai pas fait de back-up sur mon disque dur externe, je n’ai pas gardé une copie de tous les foutus codes .php que j’avais modifié et que j’ai la fâcheuse tendance à taper mon billet directement dans WordPress au lieu d’utiliser tous les logiciels intelligents qui existent.

La bonne chose, c’est que ma vie change, ou, du moins, elle est en processus de. Le blog aussi, maintenant.

I’m back, baby.

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Mise à jour: Grâce à Stéphane Dompierre, gourou et bon samaritain, j’ai pu récupérer les billets que vous avez le plus apprécié dans la dernière année. Ils sont répertoriés dans la catégorie “Billets populaires pré-hack”.

 

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