27th Jan2012

Chronique Canal M – Quand le changement ne vient pas

by Nancy

Il y a ces gens, des gens ordinaires, des gens qui ont fait de mauvais choix, qui ont pris des décisions discutables et qui, un jour, décident qu’il en est assez, que les choses doivent changer, que leur vie ne peut pas rester comme ça, qu’ils ne peuvent pas continuer de s’hypothéquer l’existence pour encore plusieurs années. Il y a ces gens qui prennent la décision de s’en sortir.

Puis, il y a le processus, la recherche de solution, l’exploration des avenues possibles. C’est l’étape des grands remous, de l’abandon, de la démolition, même, un peu. Tout en sachant qu’après la pluie, il est supposé faire beau.

Vient la prise de moyens, du concret, du plan d’action. Une ligne directrice qui est censée faire disparaître le pétrin. Ou du moins le réduire…

Ensuite, il y a les efforts, les sueurs froides, les nuits d’insomnies à se demander si on va bien pouvoir y arriver, à prier même. C’est fou comment Dieu devient notre ami quand on a besoin d’aide. Donc oui, prier même. Se croiser les doigts en fermant les yeux. Faire un vœu quand le cadran affiche 11 :11. Lire le Secret, faire brûler du bois de Stendhal, placer une grenouille chinoise au pas de sa porte. N’importe quoi pour mettre la vie de son bord un peu.

Et l’attente. La longue attente…

Finalement, il y a la vie qui en décide autrement. Qui se trouve drôle et qui se dit « Non monsieur, tu ne t’en sortiras pas comme ça. Tu vas en baver, tu vas voir ».

C’est ici que je m’oppose. Que je me lève, que je regarde  la vie dans les yeux et que je lui dis que là, elle l’échappe.

Je trouve que quand une personne réalise ses erreurs et décide de remettre les pendules de son quotidien à l’heure, la vie devrait jouer dans son équipe, pas lui envoyer des passes dans les patins. Il me semble que de savoir qu’on a gaffé, d’assumer cette bévue et de prendre les moyens pour s’en sortir, ce sont déjà de bons signes de la bonne volonté, non ? Rajouter une pelletée  de chnoute là-dessus, ce n’est pas nécessaire.

La marge entre les gens qui l’ont toujours eu trop facile et les gens qui triment dur est trop grande. Je sais, c’est aussi ça la vie, l’injustice.  Je sais aussi que ceux qui en arrachent sont aussi plus forts, plus méritants et tout et tout. Mais pour une fois, juste une petite fois, est-ce que les écorchés pourraient l’avoir facile, seulement cinq minutes, pour reprendre leur souffle, pour s’étendre un peu, pour dormir en paix ?

Chère Madame la Vie, pour 2012, si tu pouvais t’arranger pour être échangée, ça serait bien. Il y a des gens qui aimeraient bien ça que tu enfiles leur uniforme et les aident à compter des buts.

 

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16th Jan2012

Des décibels de trop

by Nancy

 

Je n’ai pas aimé ça quand tu as pris le volant et que tu as décidé de rouler 900 km vers le nord, dans le noir, avec des essuie-glaces qui ne fonctionnent qu’une fois sur huit, dans la pluie. Je n’ai pas aimé ça parce que tu m’as laissée en plan, avec ma robe jaune et mes bottes de caoutchouc et mes cheveux qui n’étaient plus bien coiffés. Je n’ai pas aimé ça parce que je trouvais que 900 km, c’était un peu exagéré. C’était comme une blague, mais sans en être une. Je n’ai pas ri.

Je te revoie encore, si je ferme mes yeux, avec ton porte-voix et la veine de ton cou qui essaie de passer du sou au sur cutané, me criant à trois centimètres de l’oreille que tu ne veux plus avoir froid, que tu ne veux plus porter de bas, que tu ne veux plus jamais voir de mitaines.

Je me souviens m’être dit que tu n’allais pas très bien.

Puis, tu t’en vas dans le plus plus plus froid.

Non, mais.

La prochaine fois, j’aimerais ça que tu laisses le porte-voix de côté. Tu serais plus crédible.

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13th Jan2012

Chronique Canal M – Changer d’année et espérer le changement

by Nancy

La nouvelle année est bel et bien débutée. Permettez-moi, chers lecteurs et auditeurs, de prendre quelques instants pour vous souhaiter que 2012 soit bonne pour vous, qu’elle vous offre des sourires, des caresses dans le cou, des douces brises d’été, des cornets de crème à glace, des fourmis dans les jambes, des éclats de rire, des crampes dans les joues, des nuits de quiétudes, des assiettes bien pleines, des gorgées d’eau fraîche et des larmes de joie. Je vous souhaite la paix, la vraie, celle qui vient de l’intérieur, qui joue à la balance et qui régule. Je vous souhaite la sérénité.

En revanche, je nous souhaite collectivement, une année qui bouge, une année qui s’éclate, une année qui explose. Je nous souhaite un raz de marrée, un Tsunami, un tremblement de terre, une attaque nucléaire (tout ça au figuré, bien entendu), n’importe quoi pour que les choses changent, qu’on se couche le soir dans un monde plus juste, dans un monde meilleur.

Je nous souhaite le courage de nos ambitions, je nous souhaite de retrouver notre personnalité en tant que peuple, de ne plus être ambivalents comme des ados de 14 ans. Je nous souhaite une colonne vertébrale et du plomb dans la tête. Je nous souhaite de dire les vraies choses, d’ouvrir la bouche et de les crier, haut et fort,

Je nous souhaite l’équité, entre les hommes et les femmes, entre les riches et les pauvres, entre les blancs et les noirs, entre les universitaires et les techniciens. Je nous souhaite d’être capable de nous regarder avec une vue d’ensemble, de voir la beauté qu’offre la diversité et de nous permettre d’avoir du respect pour les autres.

Je nous souhaite des enfants qui ont une enfance heureuse, qui jouent comme des enfants, qui ont des préoccupations d’enfants, qui parlent comme des enfants, qui ont des activités d’enfants et qui s’habillent comme des enfants. Je nous souhaite des enfants aux joues roses d’avoir trop jouer dehors et qui rigolent parce que la vie est si simple, au fond. Je nous souhaite des enfants à la peau non bleutée et au cœur entier.

Je nous souhaite d’apprécier la chance que nous avons d’être ici, en vie, en sécurité.

Je nous souhaite la générosité.

Je nous souhaite l’ouverture.

Je nous souhaite la force.

Je nous souhaite d’être en mesure de nous regarder dans le miroir et d’être fiers de ce que nous voyons.

Je nous souhaite de changer. Je nous souhaite… bonne année.

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06th Jan2012

Les freins

by Nancy


 

C’est l’été. En fait, la chaussée est aussi belle qu’en été, mais ça peut être l’automne ou le printemps ou même l’hiver quand il ne fait pas trop froid et qu’il n’y a pas trop de glace. Il fait soleil et le ciel est de la bonne couleur. La musique fait frissonner la carrosserie de la bagnole; le bonheur est dans la place. Puis, on jette un oeil à l’indicateur de vitesse pour réaliser qu’on roule way over la limite permise. On a un petit gligli dans le ventre, le gligli qui retenti quand le système d’alarme interne demande de calmer ses nerfs. On relève le pied de sur l’accélérateur, on retrouve une vitesse de croisière plus normale. Jusqu’au prochain moment d’évasion.

Quand on rencontre quelqu’un et que les atomes font de leurs mieux pour se crochir mutuellement, on vit un peu le même scénario. Ça va bien, on s’emballe, puis on réalise qu’on s’emballe. Le p’tit gigli. On se calme un peu, se dit de rester zen, de ne pas partir en peur et on ralenti. Jusqu’au prochain moment d’évasion.

Alterner entre l’accélérateur et la pédale de frein. Ou se faire des crampes dans le mollet.

Quand on est rendu à vouloir mettre le pied sur l’accélérateur, c’est que déjà, il y a un bon nombre d’obstacles de franchis. Le candidat a passé à l’inspection préliminaire et ne semble pas avoir de squelettes dans son placard ou tout autre problème d’hygiène. Il a fait la démonstration qu’il connaît les règles du jeu et pose ses pions stratégiquement de manière à garder la colonne des plus bien en chair. Aussi, à la fin d’un baiser, le candidat ne laisse pas plus de fluides sur le visage de sa prétendante que dans le Lac Memphrémagog. Bien sûr, selon les candidats, certaines autres épreuves pourraient être imposées; les études de cas sont écartées ici.

Après l’inspection préliminaire, vient la ronde du piétinage, du “j’y vais ou je n’y vais pas”, du “qu’est-ce qu’il va penser si” et de toute ces autres choses épuisantes. Il texte en premier le matin. 1 point. Il envoie des becs alors qu’il se couche. 1 autre point. Il ne s’est pas mis à courir à la première occasion, ni à la deuxième, ni même à la sixième. Bref, le candidat cumule les points pendant que l’autre parti s’épuise en insécurités ridicules.

Quand vient le temps d’avoir envie de mettre le pied sur l’accélérateur ou, pire, que le pied se met lui-même sur l’accélérateur sans qu’on s’en rende compte, les choses se gâtent. Les accidents sont plus probables et donc, les risques de blessures. En même temps, en gardant perpétuellement le pied sur le frein, on ne va pas bien loin. Et on s’expose à se faire rentrer dedans.

Les freins, l’accélérateur, le cruise control ? Et si on optait pour une combinaison des trois ? N’est-ce pas ça un peu, aussi, la vie ?

 

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