Chronique Canal M – Quand le changement ne vient pas
Il y a ces gens, des gens ordinaires, des gens qui ont fait de mauvais choix, qui ont pris des décisions discutables et qui, un jour, décident qu’il en est assez, que les choses doivent changer, que leur vie ne peut pas rester comme ça, qu’ils ne peuvent pas continuer de s’hypothéquer l’existence pour encore plusieurs années. Il y a ces gens qui prennent la décision de s’en sortir.
Puis, il y a le processus, la recherche de solution, l’exploration des avenues possibles. C’est l’étape des grands remous, de l’abandon, de la démolition, même, un peu. Tout en sachant qu’après la pluie, il est supposé faire beau.
Vient la prise de moyens, du concret, du plan d’action. Une ligne directrice qui est censée faire disparaître le pétrin. Ou du moins le réduire…
Ensuite, il y a les efforts, les sueurs froides, les nuits d’insomnies à se demander si on va bien pouvoir y arriver, à prier même. C’est fou comment Dieu devient notre ami quand on a besoin d’aide. Donc oui, prier même. Se croiser les doigts en fermant les yeux. Faire un vœu quand le cadran affiche 11 :11. Lire le Secret, faire brûler du bois de Stendhal, placer une grenouille chinoise au pas de sa porte. N’importe quoi pour mettre la vie de son bord un peu.
Et l’attente. La longue attente…
Finalement, il y a la vie qui en décide autrement. Qui se trouve drôle et qui se dit « Non monsieur, tu ne t’en sortiras pas comme ça. Tu vas en baver, tu vas voir ».
C’est ici que je m’oppose. Que je me lève, que je regarde la vie dans les yeux et que je lui dis que là, elle l’échappe.
Je trouve que quand une personne réalise ses erreurs et décide de remettre les pendules de son quotidien à l’heure, la vie devrait jouer dans son équipe, pas lui envoyer des passes dans les patins. Il me semble que de savoir qu’on a gaffé, d’assumer cette bévue et de prendre les moyens pour s’en sortir, ce sont déjà de bons signes de la bonne volonté, non ? Rajouter une pelletée de chnoute là-dessus, ce n’est pas nécessaire.
La marge entre les gens qui l’ont toujours eu trop facile et les gens qui triment dur est trop grande. Je sais, c’est aussi ça la vie, l’injustice. Je sais aussi que ceux qui en arrachent sont aussi plus forts, plus méritants et tout et tout. Mais pour une fois, juste une petite fois, est-ce que les écorchés pourraient l’avoir facile, seulement cinq minutes, pour reprendre leur souffle, pour s’étendre un peu, pour dormir en paix ?
Chère Madame la Vie, pour 2012, si tu pouvais t’arranger pour être échangée, ça serait bien. Il y a des gens qui aimeraient bien ça que tu enfiles leur uniforme et les aident à compter des buts.
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