Chronique Canal M – Changer pour rien au monde
J’aime profondément le temps des Fêtes. Dépassé le cap du 20 décembre, j’ai 5 ans pendant deux semaines. Je suis hyperactive, j’ai toujours des choux dans les cheveux, je me parfume à la cannelle et je déjeune à la farce. Dans mon micro-appartement, j’ai un sapin, des lumières et même un village de Noël. J’ai accroché mon bas à une poignée de porte parce que je n’ai pas de cheminée.
Je ne suis pas de celle qui fête Noël dans l’excès, qui installe des décorations gonflables sur son balcon de 4 pieds par 4 pieds ni qui dépense des sommes titanesques en cadeaux. J’aime un Noël sobre dans son enveloppe mais démesuré dans sa magie
Je me réjouis de décorer l’arbre en famille, de marcher dans les rues et de voir les lumières colorése, de faire des bonhommes en pains d’épices, d’envelopper les cadeaux que j’ai toujours plus hâte de donner que de déballer ceux que je recevrai. Ce que j’aime par-dessus tout, c’est qu’à chaque année, toute ma famille se réunie chez ma mère pour célébrer. Une tradition qui perdure pour mon plus grand bonheur.
J’ai la chance d’avoir une grande et belle famille unie. J’ai quatre frères et trois demi-frères, cinq cousines, un cousin et une petite cousine toute neuve. Tout ce beau monde a bien entendu parents et conjoints. Lors du réveillon, nous sommes toujours une trentaine. Plus les années passe, plus nous sommes nombreux.
Même si certains d’entre nous ne se sont pas vus pendant l’année, nous savons tous que nous serons réunis pour fêter Noël. Chaque année, je retrouve les cousines avec qui j’ai passé tous mes étés en grandissant. J’écoute ma grand-mère nous parler de ce qui se faisait dans son temps. Je mange les tourtières que ma mère a commencé à préparer en septembre. Ma cousine joue du violon, le père de mon beau-père nous donne son point de vu sur… n’importe quel sujet, finalement ! J’essaie, en douce, de soutirer des informations croustillantes à mes jeunes frères après leurs deuxième bières. Je fais des complots pour rapporter des desserts en douce,
Pendant le réveillon, je prends souvent un pas de recul, pour observer l’ensemble, comme je le fais dans ma classe. Tout le monde sourit, mange, chante, dit des niaiseries. Et chaque fois, je me trouve chanceuse. C’est peut-être cliché tout ça, mais je me sens toujours privilégiée d’avoir cette famille-là.
Je mentirais en disant que nous fêtons religieusement la naissance du Messie. Il nous arrive d’aller à la messe de minuit, plus parce que nous en avons envie que pour aller prier avec dévotion. Nous y assistons pour les chants, l’odeur et l’ambiance solennelle et frénétique qui virevolte dans l’église, comme la neige le fait à l’extérieur. Et ça fait plaisir à ma grand-mère.
Ce que nous fêtons en fait, c’est le bonheur d’être ensemble, d’avoir une aussi grande famille alors qu’elles ont tendance à rétrécir avec le temps. La nôtre est grande et compliquée mais riche et aimante.
Je trouve rassurant de savoir que ma famille existe et qu’elle est telle qu’elle est. Qu’elle sera là quand j’aurai des mini-moi. Qu’ils vivront avec moi cette belle magie, qu’ils mangeront des boules rouge à la noix de coco, qui se feront bercer par les chants que mon grand-père a gravé dans nos mémoires, qu’ils gigueront quand ma cousine jouera du violon. En plus, eux aussi auront une grand-maman magique !
Je vous souhaite un Noël aussi lumineux que le mien, entouré de la famille que vous voulez, que ce soit celle qui vous a été imposée ou celle que vous avez choisi. Je vous souhaite de vous arrêter et de prendre de temps d’absorber cet amour qui danse entre 2 bouchées de dinde, de remarquer comme c’est beau de voir quelqu’un rire de bon cœur, comme c’est doux la musique des chants. Je vous souhaite de passer un Noël scintillant et sans démesures, un Noël où ce qui compte, c’est le bonheur d’être ensemble.
