2012: mes 30 ans et la fin du monde.
Le 21 décembre prochain, nous allons tous mourir selon les Mayas ou selon ceux qui préfèrent penser que les Mayas ont prédit la fin du monde plutôt que d’adhérer à ma théorie du gars qui en avait juste marre de le faire, le calendrier. Donc, il nous resterait un peu moins d’une année à vivre; une sentence de mort pré-maturée étendue à l’ensemble de l’humanité.
On a tous déjà joué au jeu du “tu ferais quoi s’il te restait une année à vivre”. Mais là, c’est peut-être vrai. Il y a des chances que les semaines à venir soient les dernières, qu’on arrive au bout. Certains feront le tour du monde, mangeront jusqu’à exploser, écouteront tous les films de Hugh Grant… À chacun sa manière de vivre sa fin du monde.
Le facteur certitude n’étant pas dans le tapis, je vais éviter de dilapider mes économies, au cas où. Par contre, puisque je vais peut-être être morte dans un an, ça vaudrait la peine que je me tape une année record pour mes 30 ans. Une année forte en émotions et belle en projets. Une année qui me fera rire et pleurer mais que je vivrai pour vrai. Le tour du monde, je le ferai en 2013, quand je serai surexcité d’être encore en vie et que j’aurai une épiphanie qui me fera croire que l’univers m’a donné une deuxième chance. Pareil pour les films de Hugh Grant.
Avant de mourir, je voudrais regoûter à l’amour qui sent l’hiver sur les joues et qui chatouillent les plis poplités. L’amour qui fait boum. L’amour qui fait que le temps passe trop ou pas assez vite. L’amour qui transforme une tranche de pain doré en caresse. L’amour qui danse dans le salon, pieds nus, sans raison. L’amour qui se blotti. L’amour qui fait que les yeux voient différemment. L’amour qui goûte l’amour, qui sent l’amour, qui touche l’amour. Si j’suis condamnée à mourir, j’aimerais partir en chuchotant des mots plein de coeurs.
Avant de mourir, je voudrais que mes mots se retrouvent imprimés sur du papier, reliés dans une couverture et bien placés sur des tablettes. J’aimerais que mes mots, comme des flocons de neige, se posent sur les gens. J’aimerais que plein plein plein de mes mots terminent d’écrire cette histoire et que ce soit assez un peu l’fun à lire pour qu’ils disparaissent de chez les libraires. Si j’suis condamnée à mourir, j’aimerais partir avec pas tous mes mots.
Avant de mourir, j’aimerais courir beaucoup et longtemps. J’aimerais faire avaler de l’asphalte, de la garnotte, de la gadoue et de la pluie à mes semelles de souliers de course. J’aimerais sentir que je me dépasse, que je me pousse. J’aimerais avoir mal aux cuisses, respirer régulièrement, avoir chaud. Les 10km faits l’été dernier me prépareront au demi-marathon pré-fin du monde. Si je suis condamnée à mourir, j’aimerais le faire après avoir couru 21,1km.
En 2012, je veux aimer, écrire et courir. Facile de même. Parce que pour le reste, la santé, le bonheur, la famille et les amis, je suis déjà plus que comblée.
Bonne année !
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