29th Nov2011

Chère S. [3]

by Nancy

 

S-ngai ! Qaanuikiit ?

Te souviens-tu la dernière fois qu’on s’est vues ? Je te demandais de te replacer en rang comme les autres et tu as agrippé mes seins de tes deux petites mains. Tu trouvais ça drôle et ne comprenais pas ma réaction. Je t’ai alors demandé de venir t’asseoir avec moi, le temps que les autres élèves de ton groupe retourne dans la classe. Ton français approximatif t’empêchait de t’exprimer clairement mais tu comprenais mes mots.

Je t’ai dit qu’on ne pouvait pas toucher au corps des autres, comme ça, sans leur permission. Que mon corps, il était à moi et qu’il ne pouvait être touché que par les personnes que je voulais. Je t’ai expliqué que c’était la même chose avec le tien, que ce petit corps de puce, il était à toi, juste à toi, et que personne n’avait le droit d’y toucher. Tu m’as dit que c’était pas vrai, que tout le monde pouvait le toucher, que c’était ok.

Puis, tu es partie. Pas seulement de ma classe ou de l’école, tu es partie dans un autre village parce que tu as, en quelque sorte, été sacrifiée au profit de ton violeur.

Quand j’ai su pourquoi tu es partie, j’ai compris les points d’interrogations dans tes yeux; ton corps ne t’appartenait plus depuis belle lurette…

Dans ton nouveau village, loin du danger mais des bras réconfortants de ta mère, tu as rapidement eu un amoureux avec qui tu fais la sexualité. Parce que quand on aime, on fait ça, la sexualité. C’est comme ça que tu me l’expliques. Et moi, je cherche un moyen pour que tu comprennes mes mots.

Depuis quelques semaines, au moins une fois par semaine, tu écris sur Facebook que tu veux mourir, tu fais tes adieux. Tu le fais dans ta langue. Quand tu le fais dans la mienne, j’ai l’impression que tu m’appelles, que tu me parles, que tu me cries de ne pas te laisser tomber. Chaque semaine, j’appelle ton enseignant, j’écris à ta directrice, je te réponds que je t’aime. Chaque semaine j’écoute et je réagis de peur de laisser passer une fois, la petite fois qui te ferait disparaître.

Tu t’accroches à la vie par je ne sais plus quel bout. Mais tu t’accroches. J’aimerais te dire que tout va bien aller maintenant, que le meilleur s’en vient, mais ma puce, je ne le sais pas. Je regarde ton univers opaque et noué avec mes yeux de pas la bonne couleur et je me sens impuissante comme un vers de terre dans du jus d’orange.

Je t’aime sans faire la sexualité et mon amour est plus vrai que tout ce qui se passe sous ton nombril. Je crois en toi en ne touchant que tes bras ou tes cheveux. J’aimerais t’ouvrir pour recoller ce qui est brisé, pour en faire une petite S. toute neuve, à l’épreuve de l’amour qui n’aime pas. Un corps malheur-proof.

J’ai peur pour toi, tous les jours. Continues de m’écrire en français approximatif, et je te répondrai avec mes mots exhaustifs.

Nalligivagit marialuk S-ngai. Atsunai.

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28th Nov2011

Laisse-moi entrer

by Nancy

 

 

Inévitablement, lorsqu’on rencontre quelqu’un et avec qui, date après date, on clique de plus en plus, l’envie de laisser entrer ce quelqu’un dans sa bulle se développe. Il y aura, un moment, une situation, une réplique, un geste qui enfilera le costume du non-retour. C’est là qu’on sait.

L’aire de la bulle varie selon l’individu (et se calcule selon une formule mathématique un peu complexe). La mienne commence à la porte de mon appartement. Bête de même. J’ai nettement plus de facilité à sauter à pieds joints dans la bulle de l’autre. Tellement que ça m’amène (trop souvent) dans des situations absurdes – mais si divertissantes pour mon entourage – comme la fois où, pour notre 2e date, j’ai accompagné un Potentiel-Chéri au baptême de sa nièce… à Chibougamau… pendant 1 week-end. Ai-je besoin de préciser que le Potentiel-Chéri a été relayé au banc des Actuels-Ignorés ?

Ouais, j’suis mésadaptée, des fois.

Donc, personnellement, la porte de ma maison ne s’ouvre pas rapidement. Aller chez l’autre entretien le mystère et permet de se sauver, en cas de « bon ben… c’est ça qui est ça… ».

Dans les balbutiements d’une relation (peu importe la nature de celle-ci), on tente d’entretenir l’image A+ de soi-même. Chaleureux, dynamique, souriant et avenant. Dans cette optique, pourquoi risquer de compromettre cette image ?

En laissant l’autre entrer chez soi (pour commencer), on l’expose à ses petites manies, à l’état de l’évier, aux collections de tasses de café semi-bues qui enjolivent le décor. Si, en plus, on est le moindrement « manièré », il se peut que l’inconfort fleurisse en soi. Dès lors, la bataille interne entre vouloir continuer de projeter cette belle image si habilement entretenue jusqu’à présent et le besoin de replacer le coussin sur le divan, de demander à l’autre de bien vouloir baisser le couvercle de la toilette et de ne pas se servir dans le frigo s’enclenche et donne, dans mon cas en tout cas, lieu à une mauvaise imitation d’une pièce de Feydeau. Pas facile.

L’ouverture de la porte de mon appartement est, en quelque sorte, une ouverture sur ma vie : ma famille, mes amis, mes activités, mes goûts, mes choix, mon univers. Il faut être quand même un peu confiant en ses moyens et en l’avenir de cette relation fœtus pour exposer tout ça, non ?

La bulle, c’est la zone de confort, l’endroit où on se sent en sécurité. Exposer sa bulle c’est se mettre tout-nu devant l’autre et lui permettre de voir ce qu’on réussi si bien à cacher sous 2-3 couches de vêtements. Ça demande du courage et beaucoup d’humilité. Ou plusieurs drinks.

Dans le fond, quand c’est l’Amour qui va passer ma porte, j’imagine qu’il aura le master key pour ouvrir toutes les autres… D’ici là, rien ne sert de tirer la chevillette, aucune bobinette ne cherrera.

 

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25th Nov2011

Chronique Canal M – Changer de vie

by Nancy

 

 

 

Changer de vie. Pas comme dans tout lâcher et repartir à zéro dans un endroit inconnu, sur une île déserte ou dans une tribu quelconque. Non. Changer de vie comme dans « je regarde ma vie, je ne suis pas complètement satisfaite, au lieu de m’apitoyer sur mon sort je me retrousse les manches et je fais des rénovations ».  C’est ce que bon nombre de personnes tentent de faire, à un moment ou à un autre. Quand ils frappent un mur ou arrivent à un tournant.

Pour certains, ce sera une rupture amoureuse, pour d’autres, une maladie. La mort d’un être cher peut aussi avoir son effet. Quelques fois, l’action de faire son budget sonne des cloches.

Peu importe la raison, le motif derrière tout ce branle-bas de combat, l’important, c’est de faire le changement pour soi, pas pour impressionner, pas pour plaire, pour soi.

Mon ami B. a fait un changement drastique il y a deux ans. Un soir, il est sorti de son appartement pour aller chercher des victuailles au dépanneur du coin. Après 500 mètres de marche, il était à bout de souffle. Son embonpoint, qui jusque-là lui permettait de faire le clown et de gagner des concours d’ingestion rapide de nourriture, lui criait qu’il était temps de faire quelque chose s’il ne voulait pas être le plus jeune Canadien à subir un quadruple pontage.

Ces 500 mètres à chercher son air ont donné à B. la poussée qui lui fallait pour remettre sa santé « sur la track ». Maintenant, il a perdu près de 90 livres et court des marathons annuellement.

S. quant à elle, a pris la décision d’arrêter de mettre ses plans sur pause suite à une rupture amoureuse qui l’a laissé dans le même état qu’une Smart qui vient de se faire passer dessus par un Big Foot Monster Truck. Après plusieurs mois à habiter dans son lit, à vivre de pleurs, de cris, de trous dans le ventre et de perte de poids, elle s’est levée, a enfilé de véritables vêtements – et non une version plus ou moins propre de son pyjama – a fait la liste de ce qu’elle voulait dans sa vie et a foncé.

À la suite de sa rupture, elle ne cessait de répéter à quel point sa vie ne serait plus jamais la même. Sans le savoir, elle avait vu juste, mais pas pour les mêmes raisons. Elle vit maintenant en Australie, attend son premier enfant et patauge littéralement dans un océan de bonheur.

Il y a aussi le copain d’une collègue qui, toute sa vie, s’est fait dire que l’école n’était pas pour lui, qu’il ne l’avait pas. Si l’expression « cancre » était encore en vogue, il l’aurait eu de tatouée sur le front. À 16 ans, il joignit les rangs des décrocheurs et se mit à travailler au noir, des petits boulots dans le domaine de la construction, principalement. Puis, il a rencontré ma collègue M., universitaire, emballée et pleine d’énergie. À son contact, il s’est vu sous un autre angle. Par le regard de M., il a vu son potentiel, la possibilité d’un véritable avenir. En cours du soir, il a terminé son secondaire. Puis, il a fait ses sciences au Cégep. Maintenant, il étudie à l’École Polytechnique et est en voie de devenir ingénieur.

On a tendance à voir nos erreurs personnelles comme des échecs irréparables alors qu’on pardonne – plus ou moins facilement selon la situation – les erreurs des gens qui nous entourent. On est si intransigeant avec soi-même qu’on oublie qu’il est possible de s’être trompé, que l’erreur fait partie de l’apprentissage et qu’il se peut que quelque chose de positif ressorte de l’histoire. Comme une fleur qui pousse dans le ciment.

La première étape vers un véritable changement est certainement l’acceptation de cette erreur. Il y a un adage de matante qui dit qu’une « faute avouée est à moitié pardonnée ». Il est peut-être temps d’écouter les matantes. S’avouer son erreur et sortir du brouillard confortable du déni est le premier pas à faire pour changer.

Il est temps. Le temps de sortir les pinceaux, le temps d’enfiler une salopette en denim – habit officiel des rénovations – le temps d’être créatif. Il n’y a pas de honte à vouloir inventer une nouvelle boisson gazeuse, à rêver de partir à l’étranger. Il n’y a rien de mal à désirer maîtriser la Ju Jit Su ni à vouloir monter le mont Aconcagua avant votre 35e anniversaire. Il n’y a rien de mal à vouloir plus pour soi, à vouloir s’accomplir, se dépasser, se trouver cute quand on croise son regard dans le miroir.

L’accomplissement rend beau et heureux. C’est un fait. En tout cas, c’est mon fait.

Si B., S., et le copain de M., malgré les difficultés ont pris leurs outils et ont revampés leurs existences, pourquoi pas vous ? Pourquoi pas moi ?

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VERSION AUDIO

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19th Nov2011

L’amour con c’est con.

by Nancy

 

J’ai décidé de ne pas utiliser mon vocabulaire, de seulement te vomir mes mots fâchés dessus, de salir tes beaux running neufs et de m’arranger pour que tu sentes moins bon. J’ai décidé de crier la bouche fermée parce que je ne veux pas que les autres entendent. Je te trouve con de ne pas m’aimer ou de m’aimer et d’être encore plus con.

J’ai décidé de cracher par terre pour te prouver que je pouvais cracher pour vrai de vrai. Tu as maintenant une référence visuelle de ce que tu recevras la prochaine fois que je vais te dire que je vais te cracher dans la face. Je sais que tu crois que je ne le ferai pas parce que moi moi moi, on sait ben, depuis que je joue avec les mots je ne fais que ça jouer avec, je ne les mets pas en pratique. Tu vas être surpris.

J’ai décidé d’arrêter de t’aimer mais mon plan n’abouti pas, il y a toujours quelque chose qui me ramène à toi comme ton père qui prend son café dans mon quartier ou ton ami – tsé, cet ami-là – qui m’envoie un texto de temps en temps pour prendre de mes nouvelles et me réitérer son offre d’aller prendre une bière. Peux-tu dire à ton père d’aller explorer un autre quartier que j’arrête de t’aimer en paix. Non, mais.

Pour l’ami, je vais m’arranger.

J’ai décidé de ne plus porter le chandail que tu m’as offert et pas seulement parce qu’il est rendu trop usé. Je n’ai pas encore décidé de le découper.

J’ai décidé de ne plus aller là, de ne plus écouter cette chanson-là, de ne plus manger dans ce resto-là, de ne plus danser comme ça en faisant des crêpes parce qu’à chaque fois je me dis que la dernière fois que j’ai fait ça c’était avec toi. Dans le fond, c’est pas vrai, la dernière fois que je l’ai fait c’est la fois d’avant où je me disais la même affaire. Tu vois bien que je tourne en rond.

J’ai décidé de ne plus te répondre quand tu me parles, d’arrêter de rêver à toi, de ne plus te laisser de place dans le lit, de rire quand j’ai le goût de pleurer.

T’aimer, c’est con.

 

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19th Nov2011

Chronique Canal M – Changer une tradition

by Nancy

 

C’est l’automne, le moment de sortir du placard mitaines et bonnets, de sauter dans les feuilles et de partir à la recherche des parfaits pneus d’hiver. La saison où le potage à la courge et la croustade aux pommes sont à l’honneur. Le temps de ralentir, de s’emmitoufler, de se coller sous une grosse couverture…

Ce qu’on oublie quand notre cheminement scolaire est terminé, c’est que l’automne, c’est aussi la période des grandes espérances, des petites angoisses qui montent pour les élèves qui termineront leur secondaire en juin prochain. C’est pendant la saison des couleurs et des citrouilles que les préparatifs débutent afin d’offrir aux finissants une soirée mémorable.

Comme la majorité des gens, j’ai fêté la fin de mon secondaire de la manière traditionnelle : le bal des finissants. J’ai magasiné ma robe pendant des mois; elle était bleu-ciel, comme mes sandales. Mon cavalier était élégant. Mes amis étaient tous beaux et bien coiffés. J’avais débuté mon secondaire en imaginant mon bal et j’en étais enfin là. En général, quand on attend autant un moment, on vit une petite déception quand il arrive, parce que dans notre tête, c’était magique et que dans la vraie de vraie vie, c’est juste le fun. Mon bal était bien et même si j’aurais aimé qu’il soit géant, c’était parfait comme ça, parce que moi, j’ai eu un bal.

Le bal de finissants est plus qu’une fête de fin de secondaire, c’est un rite de passage, une étape à franchir, la tape dans le dos qui dit « Bravo, fille, tu as enfin terminé », au suivant !

Étaient présents à mon bal tous les finissants du cheminement scolaire régulier, tous ceux qui, selon les normes, avaient accomplies des études « normales » et recevraient un diplôme « normal ». Les élèves du cheminement particulier n’étaient pas présents, pas plus que les finissants au Diplôme d’études professionnelles, les élèves handicapés, les élèves qui combinaient études académiques et stages en entreprise. Seulement les élèves « normaux », ceux qui sont entrés en 1ère secondaire et ont gravi les échelons jusqu’à la 5e secondaire à coups de 60% et plus. Pour les autres, pas de robes, pas de cavaliers, pas de choix entre la volaille et le bœuf pour le souper.

Je n’ai pas effectué d’enquête, mais j’ai la nette impression que cette situation se revit, année après année, au bal de finissants de plusieurs écoles secondaires québécoises. Partout, on souligne les efforts des élèves « normaux » et on laisse de côté la réussite des élèves qui ont un parcours atypique. Comme quoi ne pas faire parti de la masse ne mérite pas d’être salué et ce, malgré les efforts fournis.

Bien entendu, les écoles spécialisées ont leurs propres fêtes qui soulignent la réussite des finissants. Je m’intéresse aux écoles où les clientèles particulières sont soi-disant intégrées. Elles le sont, en théorie, mais quand vient le temps de choisir qui sera le DJ de la soirée, on les oublie.

Racisme ? Ségrégation ? Oui. Triste, mais oui.

Je ne crois pas que l’intention derrière cette omission soit mauvaise. Je n’arrive pas à me convaincre qu’une direction scolaire veule à tout prix exclure les élèves à besoins particuliers ou au parcours non traditionnel. En tant qu’acteur du monde de l’éducation, il me semble qu’il est impossible de vouloir mettre à l’écart des élèves.

Alors, pourquoi ? Certains répondent que la présence des élèves non-réguliers n’est pas souhaitée par les élèves du régulier. D’autres que le bal est une fête POUR les élèves du régulier. Et d’autres, encore, ne savent pas vraiment quoi répondre.

En Mauricie, dans une école secondaire, les choses sont sur le point de changer. L’enseignant responsable de la planification du bal des finissants à enfiler son costume de Rosa Parks et est allé défendre le droit de tous élèves. Dans un esprit d’inclusion, il a pris la décision d’inviter tous les élèves terminant leur cheminement scolaire en 2012 à se joindre à la fête.

Au départ, on lui a suggéré d’organiser deux bals, dans deux salles différentes, comme pour compartimenter les élèves : les réguliers et les autres. Pourtant, dans la rue, à la banque, au cinéma, à l’épicerie, dans l’autobus, il n’y a pas de section « j’ai fini mon secondaire au régulier » et une autre « j’ai terminé mon cheminement scolaire dans un profil différent de la majorité des gens ». Bien entendu, l’enseignant a refusé. Tous les élèves de cette école secondaire allaient participer à la même soirée ou les préparatifs du bal allaient être avortés.

Selon cet inspirant enseignant, tout est dans le message qu’on envoie aux jeunes. Il faut garder en tête qu’une école est un milieu de vie; on y apprend plus que ce que le cursus scolaire nous offre, on apprend à vivre en société. En fait, c’est ce qu’on devrait apprendre. Faut-il enseigner à nos élèves qu’il faut placer les gens différents dans des ghettos, qu’on doit les préserver du reste du monde pour ne pas changer l’esthétique du portrait de la société ? Ou, au contraire, que tout le monde a droit à une place de choix, dans la vie comme dans une soirée de fin de secondaire ?

Finalement, l’enseignant de la Mauricie a gagné son pari : élèves du cheminement régulier comme ceux du non-régulier seront présents au bal du 26 juin prochain.

Grâce à cet homme qui, cette année, a eu envie de faire les choses différemment, toutes les finissantes pourront magasiner leur robe et tenter de trouver la parfaite sandale assortie, tous les finissants se présenteront à la soirée avec élégance et tous, réguliers ou non, danseront au son des tables tournantes du DJ en se disant « Je suis enfin là ! ».

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Tous les vendredis, vers 11h05, vous pouvez entendre mes chroniques lues par Manon Aubertin, sur le Canal M.

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06th Nov2011

T’en rappelles-tu ?

by Nancy

T’en rappelles-tu de la fois où on jouait qu’on avait quatorze ans et qu’on frenchait sur mon divan au lieu de faire des affaires d’adultes-remplis-d’obligations-qui-oublient-que-juste-frencher-c’est-vraiment-l’fun ? T’en rappelles-tu ? Tu me disais que j’étais intelligente pis belle pis surprenante pis toute pis que toi et moi ensemble on était comme toutte avec plein de t. T’en rappelles-tu ? Je riais pour rien mais je ne pouvais pas m’ arrêter parce que ça me fait ça les choses le fun, ça me fait tout le temps rire pas fort. T’aimais ça m’entendre rire allegretto. T’en souviens-tu ? Tu avais plein de choses à me dire pis tu trébuchais dans tes mots, tu voulais trop dire trop vite et moi je te regardais comme quand je regarde un spectacle du Cirque, du bout de mon siège avec les yeux qui prennent toute la place dans mon visage. Tsé là… C’était y’a pas longtemps, on mangeait de la crème de tomates – je faisais semblant d’aimer ça – et tu portais ton chandail vert…

Tu t’en rappelles, là, hein ?

Bon. Ben c’est de cette fois-là dont j’te parle.

Pour rien. Juste parce que j’aime ça me rappeler.

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