Torse nu, la cuillère dans le pyrex
Tu mangeais de la croustade aux pommes, pour déjeuner, torse nu, dans ma cuisine. Je trouvais ça beau de te voir manger à même le pyrex. Ton jeans n’était pas attaché, je pouvais deviner le motif sur ton caleçon. Tu m’as demandé si j’avais du lait, j’en avais pas, t’as fait un bruit de bouche qui sonnait comme « bon, ben, c’est pas grave » et t’es allé dans la douche. Pendant ce temps là, j’ai mis ta cuillère dans ma bouche et j’ai eu l’impression de t’embrasser un peu en goûtant ta salive sur le métal froid. J’ai eu envie d’aller te rejoindre mais j’avais trop peur que tu réagisses mal. J’ai pris une autre bouchée de croustade, j’ai inspiré dans ton t-shirt et je t’ai demandé de barrer la porte quand t’allais partir. En route vers l’arrêt d’autobus, je chantais la chanson des Smiths qui joue toujours dans ton auto et qui dit que de mourir à côté de toi c’est don’une manière céleste de mourir.
S’il y avait une formule magique pour transformer ton torse, les Smiths et la croustade aux pommes en couple qui s’aime, je pense que je me la tatouerais dans la face.
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